Photo du spectacle Nouss étions mousquetaires
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Spectacle “Nous étions mousquetaires”

«Mordiou !

Affiche du spectacle Nous étions mousquetaires de la compagnie les Lanternes public

Le capitaine d’Artagnan recrute de nouveaux mousquetaires.

Vous aimez l’aventure?
Vivre selon les règles de la guerre, de l’honneur et du poète ?

Trois célèbres Mousquetaires seront là pour vous apprendre
le maniement des épées et des mousquets, le courage
et bien d’autres choses encore…

Et quelle autre façon de vous former qu’en vous racontant leur histoire ?
Mais attention, de leur point de vue, et on apprendra des choses que d’Artagnan aurait bien souhaité cacher.

Et n’oubliez pas :

Tous pour Un, Un pour Tous ! »

A ma sortie de DMA j’ai eu le plaisir de rejoindre la troupe Les Lanternes Public en tant que costumière sur la pièce Nous étions mousquetaires.  

 La pièce est inspirée du livre « Vingt ans après », d’Alexandre Dumas où nous suivons les personnages, comme le titre l’indique, vingt années après « Les Trois Mousquetaires ». Elle est tout public, traitée avec humour avec une portée ludique où le public peut devenir acteur de la pièce.

Les indications qui m’étaient données étaient : trois costumes (Athos, Porthos, Aramis + une cape pour le rôle de Milady) d’évocation historique*, dans les années 1650. Ils devaient permettre aux comédiens de bouger car il s’agit d’un spectacle comportant beaucoup d’escrime, donc être « souples » mais solides, surtout que le spectacle est prévu pour une tournée de trois ans. J’ai aussi respecté les caractéristiques personnelles des personnages pour choisir les couleur, les tissus et les coupes.

Le metteur en scène et moi avions des idées similaires sur l’esthétique de la pièce, il a donc été assez facile de choisir des formes et les tissus, et j’ai pu jouir d’une grande liberté de création grâce à cette confiance mutuelle.

J’ai été rejointe dans cette aventure par Emilie de Mon Fil Noir ainsi que de Anne Resta de ma promo de DMA.

Illustration de « Les Trois Mousquetaires » des éditions Appleton – 1894.
Illustration de « Les Trois Mousquetaires » des éditions Appleton – 1894.

Après des recherches iconographiques et historiques, croisées de plusieurs sources, j’ai constaté que les hommes en 1650 portaient (hors sous-vêtement) :

  • une chemise de dessous qui pouvait dépasser
  •  un pourpoint / une casaque
  • un pantalon ample qui pouvait se « fourrer » dans les bottes ou être resserré sous le genou avec un ruban décoratif.
  • Des bottes à revers ou des cuissardes.

Nous avons choisi avec le metteur en scène de leur donner un élément commun afin de rappeler leur lien; et il a été décidé qu’il s’agirait de capes de couleur bleu, rappelant ainsi la royauté qui les unissait et la couleur de leur casaque de mousquetaires.

Je suis également tombée sur ces illustrations de mrharp, que je pense un peu fantaisistes pour de la reconstitution, mais malgré tout cohérentes donc je m’en suis inspirée.

(Astuce) Le pantalon étant particulièrement large…

Essayage pantalon

… J’ai décidé de faire le même modèle pour les trois acteurs, étant de corpulences presque semblables, et de mettre un élastique à la taille au lieu d’ajuster le vêtement avec une ceinture (je rappelle qu’on est ici dans une inspiration historique à adapter au théâtre). De cette manière, le pantalon pourrait être utilisé par différents acteurs si le comédien venait à changer, ou pour un autre spectacle. Cela évitait également trop de retouches étant donné que je travaillais à distance. Leur particularité résidait donc dans le tissu choisi.

Charles Ier d’Angleterre par Daniel Mytens, 1631
Charles Ier d’Angleterre par Daniel Mytens, 1631

Concernant les pourpoints, leurs particularités résidaient dans leurs coupes ainsi que le choix des matières. Porthos, un homme fier aimant se montrer, serait donc habillé en rouge décoré d’or, avec sa chemise apparente (à l’époque, on laissait dépasser la chemise, considérée comme un sous-vêtement, afin d’en montrer sa richesse car elle pouvait être cousue dans de beaux matériaux tels que la soie), tandis qu’Aramis est un personnage plutôt fin, subtil et coquet. J’avoue être un peu sortie des limites en proposant un Aramis tout en (simili) cuir, tirant plutôt sur le D’Artagnan des illustrations ci-dessus, mais le résultat a beaucoup plu et est donc resté ainsi. Athos, quant à lui, est un noble digne, et pourtant sans fioriture, j’ai donc décidé de lui dédier la coupe la plus importante socialement, qui se retrouve dans beaucoup de tableaux représentant des personnes influentes (exemple Charles Ier par Daniel Mytens en 1631 ci-contre) avec des manches comportant beaucoup de « crevés » et qui laissent donc beaucoup voir la chemise.

Ce tableau est bien sûr trop ancien par rapport à l’époque de la pièce, mais il s’agit d’un choix délibéré : Athos, est un comte qui reste discret et humble et ne cherche pas à attirer l’attention. De ce fait il ne s’intéresse que peu à la mode et garderait sur lui un style qui lui plait sans vouloir plaire aux autres. Ayant perdu une partie de sa fortune, il sera peu décoré, sobre, seulement un galon argenté, pour souligner sa condition sans le noyer sous les fioritures, qui ne conviendraient ni à sa personnalité discrète ni à sa fortune.

Photographie des guêtres sur scène
Photographie par Igor Bartz

Pour finir, nous avons décidé de réaliser des sur-chaussures (guêtres) en simili cuir afin d’imiter une botte à revers.

Quelques photos en cours de réalisation :

Compagnie : Les Lanternes Public
Mise en scène : Valentin Pierquet
Athos : Léo Schalck
Porthos : Mathias Marmeuse puis Robinson Courtois
Aramis : Loïc Bonhomme

* Il est important de souligner le mot « évocation », car il ne s’agit pas de reconstitution. La reconstitution nécessite des recherches plus poussées que celles que j’ai faites (qui étaient déjà avancées) ainsi que des techniques de réalisation et surtout des matières plus spécifiques.

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